Tout le monde a un jour au moins entendu parler des dates, de la règle du troisième RDV, fantasme ou réalité?

 

Comme je vous l'ai déjà dit dans un post précédent, NYC est la ville de tous les clichés qui ne le sont pas tant que ça... A savoir que si SATC (Sex and the City) est né, et a connu un tel succès, c'est parce que dans cette ville les femmes ont le pouvoir! Mais cela n'est pas sans contre-partie, puisque la bataille est rude, et cela a tendance à rendre les hommes paresseux.

 

Autre paramètre à prendre en compte: la vie à NYC est très, très chère. La salaire médian dans l'état de New York est de $ 5000, à comparer avec les 1300 € en France! Ici une femme de ménage ou une serveuse gagne entre $ 3000 et 4000, alors vous imaginez bien à quel point, les prix sont élevés. Donc pour s'en sortir, ben vaut mieux se faire inviter.

 

Et là, les newyorkaises appliquent une règle très stricte, c'est toujours l'homme qui paie, peu importe la nature de la relation! Bon en tant qu'européenne un tantinet féministe (oui faut savoir que nous français sommes tous de gauche, écolo et féministes pour un américain moyen, parce que nous ne vivons juste pas dans le même monde!),  c'est choquant, mais pour une newyorkaise qui ne cherche qu'une chose, à savoir, un mari pour arrêter de travailler, c'est NOR-MAL!!!

 

Très vite donc vous réalisez qu'il vous faut un sponsor. Plusieurs solutions s'offrent à vous, par exemple, moi j'ai un copain, donc la solution consiste à me faire inviter par les "date" de mes copines. C'est comme cela que je suis allée à un vernissage à Chelsea, et c'est aussi comme cela que je me suis retrouvée dans une situation tout à fait inédite...

 

En effet, mon amie c'est vite rendue compte que sa date était bien plus occupé avec sa galerie, que par elle, il fallait donc trouver une solution de repli. Après le vernissage, tout le monde se retrouve dans un bar, c'est là que notre victime nous attend, mais nous ne le savons pas encore. Après quelques mondanités, celui-ci invite mon amie à dîner. En fin stratège, elle répond qu'elle ne sait pas qu'elle a d'autre plan. Puis demande à sa date ce qui est prévu ensuite, mais il se montre évasif, alors elle lui annonce qu'elle va se chercher à manger, et qu'il n'a qu'à l'appeler plus tard quand il sera décidé. Elle dit au revoir à sa victime, et lui dit de l'appeler s'il va dîner...

 

Nous voici donc à un bloc du bar dans un fast food, là elle m'explique les règles du jeu, le premier qui nous appelle gagne le droit de nous inviter à dîner... et prière de ne pas faire mention de mon petit copain... Le premier vous l'aurez compris se sera notre victime, et le restaurant sera Le Florent (un dinner chic, cela aurait du être Le Pastis, mais il y avait 1h30 d'attente!). Me voici donc en compagnie de deux parfaits inconnus (notre victime ayant amené une co-victime pour moi!), et comme je suis française, je suis en quelque sorte l'attraction... Remarquez c'est plus facile que de faire semblant de s'intéresser à ce qu'ils disent!

 

Au moment de l'addition, vous faîtes semblant de ne même pas avoir vu passer l'addition. Pour éviter tout malentendu, j'ai préciser dès le départ que je n'irai pas à la house party (soirée organisée chez quelqu'un, pas très fréquent à Manhattan), car j'étais fatiguée, c'est tout naturellement que je demande où se trouve le métro.

 

La co-victime me raccompagne jusqu'au métro, arrivés là, il me dit qu'il va attendre le métro avec moi; quand le métro arrive il le prend avec moi parce que bon Harlem c'est pas toujours très sûr (1 mois et demi plus tard, je ne vois toujours pas en quoi ce n'est pas sûr...), et une fois à la 125th, ben il me dit qu'il va me raccompagner chez moi. OK, mais Sandrine, elle a vu des tas de films et des tas de séries, alors elle connaît la phrase à ne pas dire, vous savez celle avec le dernier verre... Alors, au bout de 10 minutes, il a compris que ben non c'était mort, du coup, il m'a demandé mon tel, je lui ai donné mon fixe, je suis tellement souvent chez moi...

 

Je ne peux pas dire qu'il ne se soit pas comporté en gentleman mais bon c'est gênant, on a quand même l'impression de se vendre. Et dans le même temps, faut savoir ce qu'on veut, parce qu'à côté de cela je passe mon temps à me plaindre que tout est trop cher la vie ici...

 

Et puis, son sort est moins pire que celui de son comparse, vous savez celui qui a eu l'idée du dîner, et bien après le repas, mon amie lui a dit "je vais voir ce que fait ma date", et puisqu'il était rentré chez lui, elle a décidé d'en faire autant et toute seule! Vous comprendrez que notre victime était vexée, mais en bon gentleman newyorkais, il n'a pas pu exprimer son mécontentement...

 

J'ai aussi testé pour vous la foire à la femelle, au Ulysse. Un bar dans Wall Street, où tous les jours, mais le jeudi soir c'est l'apogée, tous les traders vont boire un verre dès 17h en sortant du boulot, et où toutes les femelles en rûte de Manhattan se ruent tous décolleté, mini-robe, sac Prada et talons aiguilles Jimmy Choo devant! Et là croyez-moi, si vous n'êtes pas là à 17h00, tous les mâles seront déjà pris, en général, il y a 1 pour 2 à 5 filles, ça dépend de son portefeuille et son physique... Ah et pas la peine d'essayer d'en approcher un qui vous ferez de l'oeil, les prédateurs ne lâchent jamais une proie, au mieux elle se mettra entre vous et lui (j'en ai fait l'expérience, je lui faisais des sourires pour rire, mais elles, elles ne rigolaient pas) , au pire elle vous expliquera clairement que vous n'êtes personne...

 

Mélanie a eu le malheur de poser son verre vide sur la table d'une blondasse qui se fait payer des verres par trois vieux qu'on avait rejeté 20 minutes plus tôt, et, bien elle s'est pris un "this table is not a garbage!", et cela sans que la blondasse ne daigne la regarder...

 

Mais le plus drôle, c'est quand même, de voir tout se beau monde repartir, les jeunes mâles repartent avec celle ou celleS (certains aiment avoir le choix...) qui auront la chance d'être invité à diner, et plus si affinités... et toutes les autres qui rentrent bredouilles. Bizarrement aucun mec ne repart bredouille...

 

En conclusion, ce qu'il faut savoir, c'est que les filles ont le pouvoir, et les mec le fric, ce que j'appelle la séparation des pouvoirs à la newyorkaise, et c'est assez équilibré. Pour le moment mon objectif, c'est d'aller passer le weekend dans le Connecticut dans la maison de la date d'une autre copine.

 

Une dernière chose, à NYC plus qu'ailleurs, la femme dispose, mais l'homme ne propose rien, parce que c'est la femme qui décide où, quand et comment!